L'enfant métis
© Photographie Philippe Pubert.
L'enfant métis
Du coin de tes ailes cher enfant
Je t'admire et je t'endors
Sur mon drap en profondeur
Sur mon bras en coton d'or.
Je me réjouis de chanter
Au creux de tes veines caramel
Et de t'immaculer de miel
Et de mes neiges éternelles.
Je veux t'emporter sur mes grands chevaux
Te bercer dans mes longs cheveux
Et je veille sur ta peau endormie.
Tu rêves autant que tu ris
Avec ton corps et tes murmures,
Comme l'albatros-roi immense,
Tu dors en volant encore
Sur cette terre trop étroite
Pour tes espoirs géants de vie
Dont j'ai tant, oui tant envie.
Si un jour tu as froid
Saisis les flammes des bougies et celles des
anges
Arrache la chaleur de mon
ventre
Je te les donne.
Arrache la laine de mes états d'âme
La mousseline de mon sommeil
Le sud de mes reins,
Le tulle de mes mains,
Je te les donne
En échange de ton étoile polaire
Qui sera notre astre berger
Et notre écarlate guide.
Je suis adolescente, tu n'es pas
encore
Cher enfant je te dessine
déjà sur la neige
Cher enfant pas de prison
Pour tes yeux qui commencent.