Mariée haute

                                                                                            















                                                                        © Photographie Benoit Pradeau.



Mariée haute

 

La mer et sa toison bosselée
Urine azur
Ondule ses pétales de pédoncules
Et crache son écume à mes pieds.
J’aime quand elle se jette à mes pieds,
Amour courtois et chevaleresque.
Ses mèches salées allèchent mes lèvres hâlées.
Elle serpente sous mes plantes de pied,
De mon œil huileux je supplante l’épiée
Et creuse mon talon dans le sable
Car l’étalon a brandi son sabre
Et s’est retiré.
C’est une amante secrète,
Son voile de potage bleu roi
Me porte aux nues.
J’en sors toute émue
Imbue de trop de tasses
Imbibée de marées basses.
J’y ai plongé épongée jusqu’à l’âme,
J’y ai perdu les os,
M’y suis noyée, soudoyée,
Dans ce liquide de placenta
Amibe inhibée.
J’ai épousé ma mer de l’intérieur.

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :